Option Fortune Industrielle Alliance Valeurs Mobili�res
Accueil
Compagnie
Planification financière
Accroissement
Protection
Transmission
Coordonnées

Option Fortune » Planification financière » Articles

<< Retour aux archives

La planification financière pour gérer le risque d'invalidité avec assurance!

La planification financière pour gérer le risque d'invalidité avec assurance!

Quand il fait référence à la planification financière comme "l'action d'ensemble, cohérente dans ses buts et dans ses moyens, visant à permettre à un individu d'atteindre l'indépendance financière" (1), le praticien doit attacher une importance capitale à l'analyse des risques pouvant entraver "la poursuite" puis "l'atteinte" des objectifs financiers de ses clients.

Les statistiques démontrent que la probabilité de devenir invalide avant l'âge de 65 ans surpasse en moyenne de 50 % celle de décéder (2), d'où l'importance de maîtriser doublement la situation. Ainsi, pour évaluer les pertes financières attribuables à une invalidité de plus de 90 jours et proposer des solutions adéquates, nous analyserons les composantes en deux volets :
1- la perte de revenu
2 - le coût d'opportunité

Il est important de distinguer ces notions puisque leurs conséquences respectives varient au cours du cycle de vie, selon l'époque où l'invalidité survient, la gravité et la durée du sinistre. À ce chapitre, ce sont en général vos clients les mieux nantis, professionnels et propriétaires d'entreprise qui sont les plus mal pris!

En effet, les prestations gouvernementales ont peu d'incidence sur les montants requis par ces individus alors que le fossé qualitatif qui sépare les bénéfices offerts par l'assurance collective, de ceux disponibles sur une base individuelle, a lui-même tendance à s'élargir à mesure que les besoins à combler deviennent plus importants et spécifiques. Heureu- sement, l'intermédiaire en assurance de personnes dispose, dans le cadre d'une planification financière intégrée, des outils nécessaires à la gestion du risque d'invalidité en fonction de la retraite et de l'indépendance financière.

Gestion optimale du portefeuille d'assurance invalidité chez les professionnels et propriétaires d'entreprise avec l'aide des avenants et des produits spéciaux. La perte du revenu gagné :

Nous savons qu'afin de poursuivre nos objectifs financiers malgré une invalidité, l'assurance d'un revenu est essentielle. Toutefois, le seul fait de détenir une assurance-salaire, pour un professionnel ou un propriétaire d'entreprise, ne suffit pas. L'évaluation de la protection en vigueur ou à souscrire, se fera à partir de certains éléments qui retiendront particulièrement notre attention. D'abord, nous verrons à ce que tous les revenus gagnés soient inclus dans le calcul des prestations, et ce en commençant, il va sans dire, par le salaire, les commissions et les honoraires. La plupart des assurances collectives et contrats d'associations se limitent à ce genre de couverture, ce qui nous amènera à démontrer à cette clientèle le bien-fondé d'une police d'assurance salaire individuelle et irrévocable. En effet, on pourra inclure dans le calcul du revenu assurable, les gratifications, bonis, dividendes et bénéfices découlant de services personnels dans l'entreprise ainsi que le revenu partagé avec le conjoint dans le cas d'un fractionnement.

Une fois le revenu assurable optimisé, nous analyserons avec précaution la couverture en cas d'invalidité partielle (causant une perte de temps) et résiduelle (causant une perte de revenu) :

o Est-ce que l'invalidité partielle doit être précédée d'une période continue d'invalidité totale (délai d'admissibilité)?

o Quelle est la définition du revenu mensuel moyen?

Cette clause de revenu "préinvalidité " deviendra un point important de comparaison pour établir la qualité d'un contrat.

Finalement, de façon à préserver la valeur actuelle du revenu assurable, le choix d'un contrat offrant l'augmentation automatique de la couverture, constituera un atout additionnel.

Avenants :

Afin de prévoir les hausses futures de revenus et de protéger l'assurabilité du client, des options d'achat d'assurance complémentaire s'avèreront essentielles. Ce bénéfice permettra de majorer la couverture en fonction du revenu gagné à l'époque où surviendra peut-être l'invalidité.

De plus, tout professionnel et propriétaire d'entreprise admissible devrait se prévaloir de l'avenant d'occupation propre ou de profession habituelle, étant donné les probabilités qu'une invalidité se prolonge au delà de 24 mois (voir tableau) et que soit modifiée la définition d'invalidité totale des contrats standards ou collectifs.

Délais de carence :

En planification financière, la création d'un fonds d'urgence représentant trois à six mois de salaire apparaît au premier rang des recommandations. Le respect de ce principe "généralement reconnu en planification financière" réduit à court terme les exigences de revenu à combler au début d'une invalidité, surtout pour vos clients ne détenant pas une assurance collective de courte durée. Or, en retardant le service des prestations au moyen de délais de carence échelonnés sur une période pouvant aller jusqu'à 730 jours, au rythme d'épuisement du fonds d'urgence et de l'élimination de la couverture collective en occupation propre, on peut réduire considérablement les coûts du contrat d'assurance de base et affecter les sommes libérées à la souscription d'avenants et de produits spéciaux. Cette stratégie moins onéreuse vous permettra, avec sensiblement le même budget, de gérer un autre aspect du risque d'invalidité, le coût d'opportunité.

Les statistiques démontrent que 50 % des personnes qui ne retournent pas au travail dans les six mois ne travailleront plus jamais. Après un an, seulement 10 à 15 % d'entre elles travailleront de nouveau et, après deux ans, les chances qu'elles retournent au travail sont quasiment nulles.(3) Dans le cadre d'une planification financière, l'incapacité de financer les projets d'avenir et les charges supplémentaires doit faire l'objet d'une réflexion distincte lorsqu'il s'agit d'évaluer les liquidités requises pendant une invalidité prolongée au delà de trois mois. Premièrement, il semble que cette éventualité, lourde de conséquences, affecte directement la planification financière ultime d'un professionnel aux prises avec des impôts différés. En effet, l'impôt reporté doit être payé à même le revenu courant et il en résulte une charge financière considérable, advenant une invalidité prolongée. Deuxièmement, les frais généraux d'un cabinet, le cas échéant, requièrent des liquidités bien au delà de celles que procurent le versement de la prestation mensuelle de remplacement du revenu gagné. Troisièmement, combien oublient que leur programme de capitalisation annuelle en vue de la retraite pourrait être compromis, étant donné le revenu d'invalidité restreint. Par exemple, si les cotisations habituelles de vos clients âgés de 40 ans s'élèvent à 1 000 $ par mois, l'absence de versement au régime de retraite pendant une seule année représentera une perte de 98 948 $ à 65 ans, à 9 % d'intérêt. Quatrièmement, chez les propriétaires d'entreprise, qui prendra soin de régler les prêts commerciaux ou encore d'honorer les versements d'intérêts sur de tels prêts? Qui plus est, si l'invalidité se prolonge au delà de 24 mois, à quel prix le propriétaire d'entreprise disposera-t-il de ses actions et dans quelles conditions financières?

Toutes ces considérations entrent dans le calcul du coût d'opportunité relié à l'absence du travail. À elle seule, l'assurance salaire ne procure pas les sommes requises au remplacement de l'individu dans son univers économique.

En conséquence, l'ensemble de la planification financière, axée sur l'atteinte de l'indépendance financière, est compromise.

Produits spéciaux :

En ajustant les délais de carence en fonction du fonds d'urgence des assurances collectives et des échéanciers financiers, le portefeuille optimal, en cas d'invalidité prolongée comprendra, le cas échéant, une variété de produits spéciaux. D'abord, le paiement des frais généraux, après 30 jours, pour une période de 12 ou 18 mois, puis le remboursement des impôts différés sur une période de 12 mois, après un délai de carence de 90 jours, et le versement mensuel d'une somme dans un compte d'épargne en vue de remplacer les cotisations REER habituelles, et ce, après une période d'attente de 90 jours. Viendront finalement le remboursement des prêts commerciaux et le financement de la participation dans l'entreprise.

Avenants spéciaux :

Toutes sortes d'avenants plus ou moins accessoires sont disponibles sur le marché. Il existe toutefois un avenant original, destiné à tous vos clients immortels et invincibles. Il s'agit de l'avenant de retour de primes.

Cet outil sert à réduire le coût d'opportunité causé par le déboursé des primes d'assurance invalidité. En versant une prime additionnelle, l'assuré qui demeure en bonne santé quelques années, a droit, à certaines conditions, au remboursement partiel ou quasi complet de ses primes (avenants inclus). Comme la gestion des liquidités constitue la pierre angulaire de la planification financière, une fois tous les risques maîtrisés, pourquoi ne pas offrir à vos clients plus fortunés le meilleur des deux mondes. Cet avenant réduit les coûts de l'assurance individuelle à un niveau équivalent à celui d'un bénéfice collectif, tout en procurant à l'assuré un contrat étoffé répondant aux exigences de la perte de revenu et du coût d'opportunité.

En gérant un portefeuille d'assurance invalidité à partir des mêmes critères qu'un portefeuille de placements, peut-être constaterez-vous que vos clients ont une tolérance au risque beaucoup moins grande que vous ne l'auriez cru, et que la volatilité des bénéfices d'assurance, causée par l'absence ou la pauvreté des garanties offertes par leurs contrats actuels, les dispose fortement à réviser leur degré d'ouverture quant à l'équation risque/rendement qui se traduit, en assurance-invalidité, par coût/protection!

Mars 95

Anne-Marie Girard-Plouffe est planificateur financier, diplômée de l'Institut Québécois de Planification Financière.

Les manchettes

En collaboration avec: LesAffaires.com

Les marchés