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Un tremplin pour s'enrichir!

Un tremplin pour s'enrichir!

 

L'investisseur bien nanti maîtrise bien le concept "s'enrichir avec l'argent des autres". D'ailleurs, l'utilisation de l'argent des autres est un sujet qui a été traité à maintes reprises dans différents ouvrages spécialisés en techniques de planification financière au fil des ans. Qui n'a pas lu le best-seller Faire de l'argent avec l'argent des autres, de Louis Dostie ou encore Le barbier riche, ouvrage non moins légendaire qui fracassa tous les records de vente en librairie? Mais, lorsqu'il s'agit d'appliquer certaines théories comme celle d'utiliser son pouvoir d'emprunt dans l'unique but de s'enrichir, cela ne va pas sans susciter, à tort ou à raison, plusieurs interrogations.
Pourtant, ces techniques de financement existent bel et bien dans les institutions financières les plus réputées au pays et comptent de plus en plus d'adeptes, contrairement à ce que nous pouvions remarquer il y a de cela à peine 25 ans.
Vous serez sans doute d'accord avec moi pour affirmer que les plus grandes richesses de ce monde ont été créées en grande partie grâce au pouvoir de financement des sociétés et de certains individus. Cette tendance devrait, selon plusieurs experts, se refléter également dans l'expansion du portefeuille moyen d'investissement de certains particuliers.
En comparant les investisseurs d'aujourd'hui avec ceux qui étaient sur le marché en 1987, il est facile de constater, 12 ans plus tard, que ceux-ci sont plus aguerris et certainement mieux informés sur l'art d'utiliser les programmes de financement offerts par l'ensemble des institutions financières. Bien que ces derniers bénéficient d'un accès au financement plus facilement qu'en 1987, cela n'enlève rien aux risques liés à cette technique d'accroissement du patrimoine. La différence majeure réside dans le fait que l'investisseur d'aujourd'hui, fort d'une plus grande expérience et ayant eu la chance de se familiariser avec les actions sur le marché primaire ou secondaire, possède déjà des fonds communs de placement et des obligations à coupons détachés. Nous n'avons qu'à observer les campagnes relatives aux prêts-REÉR actuellement offerts par les grandes institutions financières, et constater la quantité d'information maintenant disponible dans les succursales sur le sujet.
Mais pourquoi emprunter, me direz-vous, quand il serait si simple d'épargner davantage chaque mois, évitant ainsi de payer des intérêts qui ne servent qu'à enrichir les grandes banques? Sachez que si vous investissez 100 $ par mois, via un fonds commun de placement, et que le rendement annuel obtenu est de 10 %, vous obtiendrez, après 15 ans, la rondelette somme de 40 162,10 $. Toutefois, si vous décidez d'investir ce même montant de 100 $ dans le but d'acquitter le paiement d'une dette d'investissement de 15 000 $, portant intérêt à 8 % sur une période de 15 ans, vous obtiendrez, pour l'achat du même fonds commun, la somme de 62 655 $. Même en ne payant que l'intérêt durant toute cette période de 15 ans, et en remboursant ladite somme de 15 000 $ à la fin de ce terme, vous aurez tout de même accumulé la somme non moins respectable de 47 655 $, montant supérieur à l'épargne mensuelle traditionnelle. En empruntant une somme de 25 000 $, 50 000 $ ou 100 000 $, certains investisseurs ont vite compris que la force d'un levier financier est d'accroître la capitalisation en utilisant le principe suivant : il est préférable et plus rapide d'accumuler un retour sur un investissement à partir d'une somme plus importante dès le départ que de tenter d'accumuler, avec des mensualités équivalentes, à coup de 300 $ ou 500 $, en n'obtenant presque rien en retour.
Il faut tout de même jouer de prudence et suivre certaines règles essentielles avant d'aller de l'avant et de faire une demande de financement auprès de son banquier. Dans ce sens, il est important de savoir qu'il existe des experts-conseils en matière de contrôle budgétaire et de pouvoir réel d'emprunt, et qu'il est préférable de les consulter avant d'effectuer une demande de financement. Qu'il s'agisse d'un planificateur financier, d'un conseiller en placements, d'un comptable ou autre, l'investisseur tirera toujours avantage de l'expertise budgétaire de l'un de ces professionnels.
Marge de crédit personnel, marge de crédit sur valeurs domiciliaires, crédit rotatif, prêt levier 1 pour 1, prêt levier 2 pour 1, tous ces moyens de financement ne sont que quelques exemples des produits offerts par les institutions prêteuses. Voilà donc plusieurs choix de produits, pourtant tous différents les uns des autres, tant en ce qui concerne les conditions que les applications.
Plusieurs autres éléments devront également être considérés lors d'une négociation ou d'une demande de financement. Je pense ici, à titre d'exemple, aux conditions de taux d'intérêt variable tel un prêt consenti au taux préférentiel + 2 % ou + 1 ½ %, calculé en tenant compte du montant en cause, du crédit de l'épargnant, de son ratio d'endettement ou de l'évaluation de sa valeur nette. De plus, la période d'amortissement excède parfois de beaucoup celle que le prêt type à la consommation limite généralement à 5 ans, et peut même parfois aller jusqu'à 20 ans.
Règle générale, le montant du prêt pour le financement de fonds communs de placement ne devrait pas excéder 50 % de la valeur nette du client et la capacité de remboursement ne devrait pas excéder 30 % ou 35 %, selon le programme choisi. Dès que le conseiller en placements aura investi l'argent, le programme mis en place sera révisé au moins une fois l'an par le banquier, ne serait-ce que pour établir le nouveau montant de remboursement mensuel, s'il y a lieu. Il est aussi possible d'obtenir l'option "versement d'intérêt seulement ", selon le type de programme et selon les garanties offertes par l'investisseur. Cependant, il est important de savoir que d'autres règles s'appliquent dans le cas des programmes 1 pour 1 ou 2 pour 1. "Il s'agit simplement de bien évaluer ses limites, affirme Michel Séguin, directeur du Centre de Prêts-investissement de la Banque de Montréal. L'investisseur qui opte pour ce type de prêt-investissement est généralement un investisseur avisé. L'investisseur type utilise presque à tout coup les services d'un conseiller financier qui s'y connaît. Maîtrisant lui-même les rouages parfois plus complexes des programmes de leviers financiers, après une ou deux consultations sur le sujet, il dirigera le client qui répond aux normes établies vers une institution financière. Le planificateur financier sensibilisera son client à certains dangers reliés à l'utilisation plus spéculative de ces programmes en lui expliquant en détail le seuil de rappel de marge et les garanties exigées. Ainsi, le planificateur financier devient pour nous le lien essentiel à la mise en place d'un programme sur mesure fait pour notre client commun. La confidentialité est assurée et ces programmes s'adressent à tout investisseur désirant profiter d'une baisse significative des marchés.", conclut-il. En effet, lors d'une baisse des marchés, l'investisseur doit choisir entre :

- Vendre immédiatement ses placements pour éviter des pertes encore plus importantes;
- Faire preuve de patience, sachant que les marchés vont reprendre;
- Profiter des aubaines et du principe de la moyenne des coûts d'achat.
Par cette technique, l'emprunt ainsi consenti permettra l'achat de fonds additionnels réduisant le coût moyen du placement. Ainsi, le rendement sera calculé sur la totalité du placement, ce qui permettra au montant initial investi d'enregistrer un bénéfice additionnel. En fait, plus la correction est sévère, plus l'impact de la "moyenne des coûts d'achat" est important! En résumé, cette stratégie, si utilisée judicieusement, constitue une méthode efficace pour acquérir des parts à bas prix afin de récupérer plus rapidement les sommes perdues. Il n'y a aucun problème à emprunter pour investir; le problème se situe plutôt au niveau du choix des placements à effectuer avec l'argent emprunté. Cette technique devrait être utilisée avec modération et d'une façon conservatrice, particulièrement au début d'un programme. Quoiqu'il en soit, il existera toujours des histoires d'horreur à raconter sur l'utilisation de l'argent des autres pour s'enrichir, mais les structures mises en place au cours des dernières années, ainsi que les contrôles exercés par les institutions financières et les organismes de réglementation chargés de la protection du public, m'incite à vous sensibiliser à cette technique qui pourrait, selon votre situation, être celle que vous devriez envisager.

Suite la semaine prochaine, avec : "Fenêtre sur les programmes d'emprunt disponibles".

Richard Giroux est planificateur financier et conseiller en placements.

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En collaboration avec: LesAffaires.com

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