Petit credo de l'investisseur...
"Diversifiez vos placements! La répartition de l'actif: ne mettez pas tous vos oufs dans le même panier!"
Combien de fois avez-vous entendu ce conseil? La répartition de l'actif est un concept de base en matière de placement. Il s'agit par contre de savoir où exactement "mettre ses oufs". Une étude menée auprès de gestionnaires de caisses de retraite, citée à maintes reprises, révèle que la répartition de l'actif compte pour 91,5 % de la différence entre le rendement de deux portefeuilles. En d'autres termes, la manière dont l'investisseur répartit son portefeuille entre les actions, les obligations et les liquidités pourrait constituer la décision la plus cruciale en matière de rendement global de son portefeuille.
L'erreur la plus fréquente en matière d'investissement est de bâtir un portefeuille et d'en modifier sans cesse la composition par la suite, sous prétexte qu'une classe particulière d'actif dégage un meilleur rendement à court terme. On doit donc éviter de tomber en amour avec une seule classe d'actif, car on risque de se faire prendre tôt ou tard. Il a été maintes fois prouvé, dans le passé, que la décision d'un investisseur de répartir soigneusement son actif entre les actions, les obligations et les liquidités, s'est avérée des plus profitables. Il y a toutefois une ombre au tableau puisqu'il existe toujours une catégorie d'actif qui se distingue des autres au fur et à mesure que le temps passe. Il peut alors être tentant pour l'investisseur, qui a pris soin de bien répartir son actif, de mettre de côté ce plan si sagement dressé et d'augmenter la part de son portefeuille investie dans la catégorie d'actif la plus performante, même si ses objectifs de placement n'ont pas bougé d'un iota. Cet investisseur commettrait alors une grave erreur en plaçant ainsi une bonne partie de son actif dans des actions à forte capitalisation, possiblement juste avant leur déconfiture et la hausse des sociétés à faible capitalisation.
Dans le cas de fonds communs de placement, l'achat de fonds d'actions canadiens, alors que les fonds internationaux ont le vent dans les voiles, est une des erreurs fréquemment commises par l'investisseur. Une autre maladresse non moins coûteuse que ce dernier est porté à faire est de vendre, juste au moment où ils allaient recommencer à s'apprécier, des fonds axés sur la valeur qui affichaient depuis quelques années de piètres rendements alors que les investisseurs étaient tournés vers les fonds de croissance. Bref, une bonne répartition d'actif vous protégera de la tentation de vendre au mauvais moment ou d'acheter de manière impulsive au passage d'une nouvelle mode en placements, puisqu'en tentant sans cesse de synchroniser vos placements avec le marché ou en jouant aux devinettes, vous risquez de laisser filer des rendements intéressants.
Investir en bourse peut s'avérer toute une aventure; après tout, c'est de votre argent et de vos économies qu'il s'agit. Il importe donc que vous vous sentiez à l'aise avec les gestes que vous posez. Si tel n'est pas le cas, il vaudrait mieux revenir à la case départ pour établir à nouveau votre seuil de tolérance aux risques, plutôt que de tenter de suivre le momentum souvent dicté par vos proches. Il s'agit ici d'établir un plan d'action qui consiste à vous préparer adéquatement avant de passer à l'action trop rapidement. Cette préparation sous-entend que vous devez, entre autres, apprendre à vous responsabiliser face à vos placements. En effet, désireux de savoir comment ses placements réagiront à certains événements du marché, l'investisseur responsable fera des recherches sur les titres qui l'intéressent avant d'acheter, tout comme certains consommateurs prennent le temps de consulter le "Protégez-vous" avant d'acheter un bien d'une valeur de 1 000$, considérant à raison qu'il s'agit d'un achat important.
Si une dépense de 1 000 $ mérite d'être prise au sérieux, comment un investisseur, tenté par la spéculation boursière, peut-il engloutir jusqu'à 10 000$ sans se poser de question ? Dans un milieu de travail, cette situation est souvent créée par une rumeur habilement orchestrée par un autre investisseur cherchant à tout prix à vendre des actions achetées souvent à meilleur compte, afin de pouvoir en tirer profit rapidement!
"Faire ses devoirs" signifie pour vous établir un plan sur mesure qui tient compte de votre réalité quotidienne:.Vaut-il mieux payer vos dettes avant d'investir? Ne serait-il pas mieux d'acheter une maison ou d'acquitter votre carte de crédit plutôt que d'acheter des actions? Devriez-vous combler vos besoins en assurance vie et en assurance invalidité avant d'acquérir des actions sur le marché international? Disposez-vous d'un fonds d'urgence adéquat pour faire face aux imprévus? Si, après avoir répondu à toutes ces questions, vous demeurez convaincu du bienfait de l'investissement et qu'il vous semble nécessaire de faire fructifier vos placements, rappelez-vous que le critère de l'âge ne devrait être pris en considération que pour les échéances à court terme. En effet, le principal défi des aînés sera de survivre à leurs épargnes; c'est ainsi que si vous et votre conjoint(e) êtes tous deux âgés de 63 ans et que vous êtes en bonne santé, il y a 50 % de chances qu'au moins l'un de vous dépasse l'âge de 85 ans, faisant de l'un de vous un investisseur à long terme. On entend souvent dire que les actions conviennent mieux aux jeunes et que les personnes plus âgées devraient plutôt opter pour les obligations. Voilà sans doute une affirmation peu convaincante, car cela dépend essentiellement du temps que l'on dispose et de la part qu'on alloue aux actions dans un portefeuille soigneusement réparti.
Source : Peter Lynch, vice-président Fidelity Management & Research Company,
Ce que tout bon investisseur devrait savoir.
Richard Giroux est planificateur financier et conseiller en placements.
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En collaboration avec: LesAffaires.com
